Comprendre le PLUi


Quelle est la philosophie derrière les choix du PLUi-HD ?

Le PLUi-HD doit répondre à des enjeux qui peuvent parfois être ou paraître contradictoires. Si la Métropole s’est clairement engagée sur la voie de la sobriété foncière, elle a également souhaité que la forte limitation de l’étalement urbain n’entraîne pas une surdensification irraisonnée du tissu bâti existant, qui consisterait à construire sur tous les espaces libres de construction en zone urbaine. Il en va de la préservation du cadre de vie et de la qualité d’habiter, des îlots de fraicheur d’autant plus essentiels à préserver du fait du dérèglement climatique, et au final du bien-être et de la santé des habitants.

Dans le cadre de l’élaboration de son PLUi-HD, la Métropole a donc recherché un équilibre entre :

  • le développement urbain maitrisé, privilégié par la rénovation de l’existant, le renouvellement urbain ou l’identification des capacités de densification le long des voies et réseaux existants, et en dernier recours, avec des constructions en extension urbaine pour répondre aux besoins en matière d’habitat ou de développement économique à80 % du développement global se fera en renouvellement urbain et c’est même 92 % de la production de logements qui se fera en renouvellement urbain et à l’intérieur de l’enveloppe urbaine ;
  • la préservation de l’environnement et du cadre de vie, qui ne peut se résoudre à la seule dimension de la moindre consommation foncière, et qui nécessite donc une préservation sur la base d’une analyse multicritères selon le contexte.

Le PLUi-HD dispose donc de nouveaux outils réglementaires relatifs à la préservation des continuités écologiques, des paysages et notamment de la nature en ville, par l’intermédiaire de prescriptions graphiques sur le plan de zonage.

Les dispositifs utilisés sont divers et adaptés en fonction de l’espace ou de l’élément à protéger :

  • les espaces boisés classés (EBC) à protéger ou à créer,
  • les réservoirs de biodiversité,
  • les éléments paysagers protégés,
  • les éléments environnementaux protégés,
  • les cœurs d’îlots, seconds rangs et franges urbaines protégés,
  • les terrains jardinés, cultivés, ou non bâtis à protéger.

En résumé :

« Concilier le développement urbain et la préservation de l’environnement avec un règlement équilibré et contextualisé »

Le PLUi-HD : Des règles justifiées par des diagnostics et études approfondies

Tous les choix réglementaires du PLUi-HD se fondent sur des études, diagnostics notamment environnementaux dont la prise en compte des risques naturels amplifiés par le changement climatique. Ces études permettent ensuite de justifier les choix réglementaires, qui ne sont pas fait de manière « aléatoire » mais objectivés et contextualisés selon les communes et quartiers.

Le PLUi-HD : un document d’intérêt général

Par ailleurs, le droit de l’urbanisme se base sur l’intérêt général et n’a pas à tenir compte des prérogatives financières relatives aux propriétés privées. Un PLUi a vocation à donner ou non des droits à construire selon les législations en vigueur et les objectifs d’urbanisme durable poursuivis. Il en va de même des servitudes d’utilité publique par exemple. Il convient également de souligner que la Métropole a acquis plusieurs terrains anciennement constructibles qui seront également reclassés en zone agricole ou naturelle, avec une perte de valeur foncière qu’elle assumera pour aller dans le sens d’un aménagement plus durable et de la transition écologique, alimentaire et climatique.

A partir d’une connaissance fine de l’armature verte du territoire et de la fonctionnalité des milieux, la Métropole a appliqué le principe de la séquence « Eviter – Réduire – Compenser » (E-R-C) pour déterminer les espaces à préserver et les zones préférentielles de développement, au regard des besoins identifiés en habitat, déplacement et développement économique stratégiques.

  • Éviter l’urbanisation des réservoirs de biodiversité et les sites à haute valeur ajoutée environnementale, en lien avec les efforts de sobriété foncière à 497 Ha d’anciennes zones urbaines ou de réserves foncières reclassés en zone naturelle ou agricole. En complément, le principe a été posé de n’ouvrir à l’urbanisation aucune zone humide avérée, et d’éviter les secteurs classés en zones naturelle ou agricole dans les PLU communaux alors en vigueur.
  • Réduire l’impact de l’urbanisation en ne vouant au développement urbain que les surfaces strictement nécessaires, et en protégeant en parallèle les éléments et les espaces résiduels de nature en ville à 538 Ha préservés pour la nature en ville dans le tissu urbain.
  • Compenser les effets des impacts qui n’auraient pas pu être évités, par l’inscription de contraintes plus fortes sur l’urbanisation avec des nouveaux outils tels que les coefficients de pleine terre, associés aux coefficients de biodiversité surfacique et la généralisation de l’inscription des mesures compensatoires de l’évaluation environnementale sur chaque secteur de projet.

La recherche d’alternatives possibles pour éviter les impacts a été effectuée, conduisant à « éteindre » des zones d’urbanisation du fait des impacts environnementaux. Seuls ont été conservés les secteurs de moindre impact environnemental. Le document « Évaluation environnementale » présente la cartographie et le recensement de ces secteurs évités avec notamment la préservation des espaces productifs agricoles ou forestiers.

A partir d’une connaissance fine de l’armature verte du territoire et de la fonctionnalité des milieux, la Métropole a appliqué le principe de la séquence « Eviter – Réduire – Compenser » (E-R-C) pour déterminer les espaces à préserver et les zones préférentielles de développement, au regard des besoins identifiés en habitat, déplacement et développement économique stratégiques.

  • Éviter l’urbanisation des réservoirs de biodiversité et les sites à haute valeur ajoutée environnementale, en lien avec les efforts de sobriété foncière à 497 Ha d’anciennes zones urbaines ou de réserves foncières reclassés en zone naturelle ou agricole. En complément, le principe a été posé de n’ouvrir à l’urbanisation aucune zone humide avérée, et d’éviter les secteurs classés en zones naturelle ou agricole dans les PLU communaux alors en vigueur.
  • Réduire l’impact de l’urbanisation en ne vouant au développement urbain que les surfaces strictement nécessaires, et en protégeant en parallèle les éléments et les espaces résiduels de nature en ville à 538 Ha préservés pour la nature en ville dans le tissu urbain.
  • Compenser les effets des impacts qui n’auraient pas pu être évités, par l’inscription de contraintes plus fortes sur l’urbanisation avec des nouveaux outils tels que les coefficients de pleine terre, associés aux coefficients de biodiversité surfacique et la généralisation de l’inscription des mesures compensatoires de l’évaluation environnementale sur chaque secteur de projet.

La recherche d’alternatives possibles pour éviter les impacts a été effectuée, conduisant à « éteindre » des zones d’urbanisation du fait des impacts environnementaux. Seuls ont été conservés les secteurs de moindre impact environnemental. Le document « Évaluation environnementale » présente la cartographie et le recensement de ces secteurs évités avec notamment la préservation des espaces productifs agricoles ou forestiers.

De nouvelles constructions ou rénovations de qualité pour répondre aux besoins de logements, d’activités économiques et d’équipement

Pourquoi construire de nouveaux logements en l’absence de forte croissance démographique et de vacance de logements sur le territoire ?

Comment est estimé le besoin en logement ?

L’estimation des besoins en logements est réalisée à l’échelle des 20 communes de la Métropole du Grand Nancy puis une répartition équilibrée et solidaire des besoins en logements est proposée.

En effet, chaque commune contribue à la production de logement, dans une logique de solidarité et en fonction des spécificités de son contexte urbain et environnemental. Certaines communes disposent de capacités foncières en renouvellement urbain, d’autre uniquement en extension urbaine, mais elles doivent toutes pouvoir bénéficier de projets, pour faire vivre leurs équipements, services et commerces de proximité et proposer à leurs habitants une offre de logements diversifiée répondant à tous les publics.

Par ailleurs, l’estimation des besoins futurs en logements ne repose pas exclusivement sur la croissance démographique d’un territoire, qui n’est qu’une des trois composantes de l’estimation. Trois facteurs déterminent les besoins en logements :

Le principal moteur des besoins en logements est la croissance du nombre des ménages, qui résulte essentiellement du phénomène de desserrement ou décohabitation (divorces, séparations, jeunes qui quittent le foyer familial pour occuper un logement autonome tout en restant sur le même territoire, …). Le desserrement des ménages se traduit dans les statistiques par la diminution de la taille moyenne des ménages (nombre d’occupants d’une résidence principale).

➔ Une production supplémentaire de logements est donc nécessaire pour compenser la réduction de la taille des ménages induite par ce phénomène. L’estimation des besoins liés à l’évolution de la taille des ménages est de 678 logements par an.

Chaque année, des immeubles anciens sont démolis et sont soit reconstruits sur la même emprise foncière, soit non reconstruits ou dans une moindre mesure, comme sur les grands quartiers d’habitat social où des projets de rénovation urbaine (ANRU) ont lieu : Plateau de Haye à Nancy, Provinces à Laxou, Vand’Est à Vandoeuvre, etc. A l’inverse, une part de l’accroissement du parc de logements peut provenir de la division de logements ou de la transformation de bureaux en logements, sans constructions nouvelles.

➔ L’estimation des besoins liés à l’adaptation du parc est de 215 logements par an pour compenser les logements démolis, fusionnés ou désaffectés.

Les projections démographiques de l’Insee indiquent une hausse de population qui pourrait se situer entre 320 et 920 habitants supplémentaires annuellement entre 2017 et 2035.

L’hypothèse prudente d’une croissance démographique de 320 habitants par an a été retenue, soit une hausse annuelle de 0,1 % contre + 0,3 % sur la période 2013 – 2019, qui se traduit par le besoin de 186 logements par an.

En résumé :

Les besoins globaux en logements pour la période 2025 – 2043 correspondent au cumul de ces 3 besoins détaillés, soit un volume annuel de 1 079 unités pour répondre aux besoins en logements selon les hypothèses retenues. Ce volume correspond par ailleurs au rythme de production constatée durant les trois dernières décennies sur la Métropole. Le besoin global s’élève donc à 19 425 logements sur la période 2025 – 2043.

De plus, l’évaluation tous les 3 ans de l'application des dispositions du PLUi-HD relatives à l'habitat permettra de suivre régulièrement l’atteinte des objectifs que la Métropole s’est fixés et de se questionner, le cas échéant, sur l’évolution de cette ambition en réajustant, en décalant dans le temps voire en supprimant des secteurs d’urbanisation si besoin. En effet, le PLUi donne un cadre mais ne peut pas contrôler les délais de vente de foncier privé et certains projets peuvent rencontrer des difficultés imprévisibles (archéologie, aléas de sols, etc.) et prendre plus de temps que prévu, le PLUi sera donc évalué régulièrement et modifié ou révisé si besoin. 

Comment répondre à ce besoin en logements ?

Le besoin en logements n’est pas satisfait que par des constructions neuves et en extension urbaine. Au contraire, le PLUi propose de favoriser la lutte contre la vacance et de privilégier le renouvellement urbain des friches. Ainsi :

  • La lutte contre la vacance en remettant des logements inoccupés depuis plus de 2 ans sur le marché permettra de répondre à 14 % de besoins de logements
  • L’acquisition/amélioration de biens existants par les bailleurs sociaux représentera 9% de besoins de logements.
  • La production de logements neufs en densification, déconstruction-reconstruction et remplissage de dents creuses permettra de couvrir 17% de besoins globaux.
  • Enfin, la production de logements neufs spatialisés dans les ZAC, les sites de projets encadrés par le PLUi-HD couvrira 60% des besoins globaux.

Ainsi, sur la période de référence, l’ensemble des filières en renouvellement urbain permettra de répondre à 92 % des besoins (par la production de 17 927 logements).

Le saviez-vous ?

La vacance de longue durée (2 ans et plus) concerne 27 % des logements vacants du parc privé à l’échelle de la Métropole, soit 3 480 logements en 2019. Parmi ces logements vacants depuis au moins 2 ans, près de 1 300 sont recensés comme vacants depuis plus de 5 ans, ce qui représente 10 % du parc total de logements privés vacants.

Le PLUi-HD se donne comme objectif ambitieux de résorber annuellement 150 logements vacants de longue durée et donc de traiter la totalité de cette vacance structurelle sur la durée projetée du PLUi à horizon 2040.

Comment proposer des constructions plus durables et de meilleure qualité ?

Si les besoins en matière de logements sont quantitatifs, ils sont également qualitatifs. Il faut offrir aux habitants différentes solutions d’habiter et agir sur l’ensemble du parcours résidentiel. Un habitant n’a pas les mêmes besoins d’habiter à 20 ans, à 40 ans ou à 75 ans, par exemple.

Si la maison individuelle a été un modèle très répandu et continue d’être souhaitée notamment par les familles, il est nécessaire aujourd’hui d’en limiter la production et d’aider, pour ceux qui le souhaitent, à la libération des maisons individuelles occupées par exemple par des personnes seules et/ou âgées, qui ne trouvent pas toujours une offre de logement plus petit, de qualité et plus pratique à entretenir sur leur commune ou quartier.

Il est ainsi nécessaire de proposer une offre plus diversifiée de formes urbaines dans les nouveaux projets neufs, avec notamment de l’habitat intermédiaire et de l’habitat collectif, certes plus denses mais qui peuvent également bénéficier d’aménités (service à la personne en résidence sénior, espace extérieur terrasses ou balcons, ascenseur…). Outre les effets bénéfiques sur le volet sobriété foncière grâce à une densité raisonnable, il s’agit aussi et surtout de mieux cibler et répondre aux besoins des habitants pour offrir un parcours résidentiel adapté à toutes les étapes de la vie.

La diversité des formes urbaines sur les projets a été travaillée minutieusement à l’échelle de chaque OAP ou secteur de projet pour permettre de garantir une bonne intégration urbaine dans le tissu existant. La Métropole a pris en compte les transitions urbaines, entre les tissus bâtis existants et ceux à venir afin de respecter la qualité du cadre de vie des habitants et d’intégrer le projet dans la trame paysagère et environnementale du secteur. Une progressivité des hauteurs a donc été développée en évitant, par exemple d’implanter un habitat collectif trop dense, au contact immédiat de pavillons déjà implantés sur le secteur ou en limite. Des orientations visent également à ce que les porteurs de projets proposent des variations de hauteurs et de gabarits des constructions qui auront un impact sur le paysage urbain.

Afin de permettre une diversification de l’offre en termes de statut d’occupation et de capacités financières, et ainsi satisfaire les attentes de tous les ménages et en particulier les ménages modestes et intermédiaires, la volonté de la Métropole est d’assurer la mixité sociale en maintenant un taux de 26 % de logements sociaux à l’échelle de l’agglomération. Le développement de l’accession sociale ou abordable à la propriété est un enjeu pour permettre de retenir des familles dont les revenus ne permettent pas d’accéder à la propriété sur le territoire.

Pour diversifier l’offre de logements dans les nouvelles opérations, l’objectif de production à l’échelle de la métropole est le suivant :

  • 30 % des logements à réaliser en locatif social ;
  • 10 % en accession sociale ou abordable ;
  • 60 % de logements libres en accession et locatif.

Au sein du PLUi-HD, la production de logements locatifs sociaux est encadrée par 3 dispositifs particuliers :

  • à l’échelle de secteurs de projets dans ce qu’on appelle des OAP,
  • dans le tissu urbain « diffus » grâce à des secteurs de mixité sociale (SMS) prescrivant une part de nombre de logements à dédier au logement locatif social, dès lors que l’opération dépasse un certain seuil,
  • des servitudes de mixité sociales délimitées à la parcelle ou à l’îlot dites « localisées » sont également définies dans les communes en déficit de logement social.

Une étude spécifique a été menée pour renforcer la protection patrimoniale de davantage de bâtiments que ceux classés ou inscrits en monuments historiques, en les identifiant et en proposant de nouvelles règles adaptées et justifiées.

Globalement, dans le PLUi, ce sont désormais :

  • 3500 immeubles qui sont repérés au titre de l’article L.151-19 du Code de l’urbanisme,
  • 150 ensembles urbains qui disposent de nouvelles règles adaptées à chaque type d’ensemble afin d’en maintenir les caractéristiques et l’homogénéité, au titre de l’article L151-18 du Code de l’urbanisme.